INVESTIR DANS LES SUPPORTS IMMOBILIERS
INVESTIR DANS LES SUPPORTS IMMOBILIERS

IFI favorable à l'économie ? Ou trompe-l'oeil ?

Allant d'emblée à la conclusion sur la base des dispositions récemment dévoilées, il apparait qu'être dispensé du nouvel impôt sur la fortune n'impliquera pas nécessairement d'nvestir dans l’économie française.

 

L’impôt sur la fortune immobilière(IFI) aurait été conçu, selon les slogans présentés, à privilégier l’économie française.

C’est ce qui a été entendu à longueur de prises de paroles de nos gouvernants, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.

«La condition pour ne plus être à l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française» s'est-on vu affirmer.

 

Ce qui est un rapide raccourci pour plusieurs raisons.

 

Comme son nom l’indique, l’impôt sur la fortune immobilière, adopté récemment en commission des finances, prévoit de ne taxer que les valeurs immobilières.

 

Les placements en action et en assurance-vie (jusqu’à un certain montant) en seront exonérés.

Les signes extérieurs de richesse (yachts, voitures de luxe et objets précieux) sont des biens mobiliers.

Ils échapperont aussi à cet impôt.

En revanche, ils seront soumis à une nouvelle taxe afin de gommer l'impression défavorable et les quolibets que leur exonération pourrait susciter.

 

Cette restructuration ne signifie ni que seuls les investissements dans l’économie française seront exonérés du nouvel impôt sur la fortune ni que les biens exonérés lui bénéficieront automatiquement.

 

Contrairement à ce qu'on tente de faire croire, une partie de capital «non-productif» sera exonérée de cet impôt.

 

1. C’est le cas des assurances-vies qui ne sont plus assujetties à l'IFI.

 

Or, un tel placement ne garantit aucunement de profiter à l'économie française. En effet, il ne repose pas uniquement ni même majoritairement sur des portefeuilles d’action mais plutôt sur des obligations françaises ou étrangères ou des valeurs immobilières.

 

L’économie française n'y est donc qu'accessoirement concernées.

 

2. Rien n'indique non plus qu'en investissant en Bourse au travers d'actions, on va à tout coup privilégier l’économie française (et les petites entreprises au sein de celle-ci).

 

Il est possible par exemple de détenir des actions étrangères non-cotées à Paris, dans des fonds de pensions américains sans aucun lien avec l’économie française.

 

Les grandes entreprises cotées ne sont pas, par essence, des PME. Y investir ne profitera pas à ces dernières qui constituent le principal gisement d'emplois.

 

Si bien que l’exonération d'impôt des valeurs mobilières ne dirigera par forcément un investissement vers l’économie française.

 

Observons que ce qui existait jusqu’ici visait plus efficacement cet objectif. En effet, les investissements dans les PME pouvaient justement être exonérés d’impôt sur la fortune au travers de l’ISF-PME qui permettait de déduire de son impôt l’équivalent de 50% des sommes investies dans les PME ou le logement social (par exemple la foncière Habitat et Humanisme).

 

Ce dispositif encourageait véritablement à investir dans l’économie française et surtout dans les petites entreprises, alors que l’investissement en actions au sens large ne privilégie aucunement les petites entreprises non cotées, par rapport plus grandes qui le sont.

 

L'effet ne peut que favoriser les puissants au détriments des petits puisque les bénéficiares du dispositif seront enclins à se porter vers  des investissements estimés plus réguliers et moins risqués que ceux offerts par les PME.