INVESTIR DANS LES SUPPORTS IMMOBILIERS
INVESTIR DANS LES SUPPORTS IMMOBILIERS

Talent d'illusionniste

Afin d'acquérir deux immeubles que la société de gestion dit estimer attractifs, celle-ci décide unilatéralement de réduire - provisoirement  - le délai de jouissance.
 
Au lieu du premier jour suivant l'expiration du sixième mois, elle passerait au premier jour suivant le premier mois.
 
La tranche de collecte spécifique envisagée serait de 25 milliions d'euros.
 
A qui cette initiative va-t-elle bénéficier ?
Ce tour de passe-passe rompant l'équité entre souscripteurs s'analyse en une baisse grisonnante du prix de la part et en un miroir aux allouettes pour en piéger rapidement de nouveaux.
 

Auparavant, le premier revenu après acquisition (payé trimestriellement, ce qui ne change pas le raisonnement) intervenait à partir du sixième mois suivant cette acquisition (au prix de 801 € par part aujourd'hui).

 

Après la récente décision, ce premier revenu intervient à partir du premier mois suivant l'acquisition. Soit une différence de cinq mois.

 

Le revenu, ramené à une base mensuelle est d'environ 3 € par part.

La différence à défalquer du prix d'acquisition est donc de 15 € environ et tout se passe comme si désormais la part valait 15€ de moins, soit 786 € et non plus 801 €.

 

Malin mais sans doute trop en terme de transparence.

 

Les arguments avancés pour expliquer l'initiative sont factices dès lors qu'une SCPI peut emprunter aisément à des taux exceptionnellement bas aujourd'hui si elle doit investir en avance sur sa collecte.
 
En l'espèce, la société de gestion gère de plus de nombreuses SCPI de grande taille et recourt, si cela l'arrange, à l'organisation usuelle d'indivisions entre-elles.
 
Il s'agit d'un exemple insidieux de pratique lésant les associés en place et permettant une fructueuse "collecte de commissions" qui ne bénéficie qu'à la société de gestion et à ses intermédiaires.